Pour calmer ma déprime j’ai cherché un livre (une musique aurait été plus efficace, Cosi fan tutte, opéra de Mozart, est bien parce qu’aussi beau que gai, mais j’oublie), pas de polar à l’horizon, fouiller dans ma bibliothèque, celle-ci ne contient presque que des essais jamais finis et des livres d’images. Quand on me dit « mais tu as lu tous ces livres ! », la réponse est évidemment non, pourquoi autrement je les garderais, exception faite pour les romans que je relis environ tous les 10ans. Par ailleurs je suis abonnée à une bibliothèque de prêts depuis l’age de 10ans. Relatif toujours, tiraillée entre des gens qui trouvent ma bibliothèque maigrichonne et ceux qui n’ont jamais vu autant de livres d’un coup. Pas évident de ne pas être enfermé dans un milieu social.
Finalement je choisi quelque chose d’assez poétique, acheté pour le titre lorsque je vivais à Paris « Oreiller d’herbes » mon premier livre de Sôseki. Eblouie à la première lecture ; j’ai été déçue à la deuxième, voyons à la troisième.
Stupéfaction devant l’adéquation totale entre les premières phrases et mon état d’esprit.
« Je gravissais un sentier de montagne en me disant : à user de son intelligence, on ne risque guère d’arrondir les angles. A naviguer sur les eaux de la sensibilité, on s ‘expose à se laisser emporter. A imposer sa volonté, on finit par se sentir à l’étroit. Bref, il n’est pas commode de vivre sur la terre des hommes.
Lorsque le mal de vivre s’accroît, l’envie vous prend de vous installer dans un endroit paisible. Dès que vous avez compris qu’il est partout difficile de vivre, alors naît la poésie et advient la peinture. » Ed. Rivages poche… la suite me paraît aussi importante, mais je ne vais pas tout recopier quand même ! J'ajoute qu'il n'y a pas que la poésie et la peinture, à chacun de trouver ce qui lui corresponds